Yotsuba débarque dans un nouveau quartier avec ses couettes en trèfle, son énergie impossible à canaliser et un talent rare pour transformer la moindre sortie en aventure. Une climatisation, une balançoire, une visite chez les voisins ou une journée à la plage deviennent, avec elle, de vrais petits événements. Le moteur de la série tient là : regarder le quotidien par les yeux d’une gamine curieuse, drôle, parfois épuisante, toujours imprévisible.
Au dessin comme au scénario, Kiyohiko Azuma retrouve ici veine comique et sens de l’observation après Azumanga Daioh, son autre grand titre. Yotsuba&! démarre en 2003 dans le mensuel Dengeki Daioh, au Japon, puis arrive en France chez Kurokawa. Azuma y ralentit le rythme par rapport à ses gags en strips : les chapitres prennent le temps d’installer un lieu, un voisinage, une saison, et c’est ce pas de côté qui donne à Yotsuba sa voix à part.
Avec le recul, la série s’est installée dans la durée sans passer par la case anime, choix assez rare pour un manga aussi connu. Elle a dépassé les 16 millions d’exemplaires diffusés dans le monde d’après les chiffres communiqués autour des derniers volumes, et a reçu en 2016 le Grand Prix manga du prix culturel Osamu Tezuka. Pour la collection, le plus simple est de commencer par l’édition Kurokawa en tomes : c’est elle qui porte la série en français depuis ses débuts, avec une fabrication restée homogène sur la durée.