Ushijima prête là où plus personne ne prête. À la tête d’une officine de crédit clandestin, ce prêteur sur gages sans pitié croise des salariés à bout, des flambeurs, des hôtes de clubs et des paumés qui pensent pouvoir s’en sortir avec un billet de plus. Ushijima - L'usurier de l'ombre suit cette descente au plus près, dans un Japon urbain où chaque dette ouvre surtout la porte à une nouvelle humiliation.
Shôhei Manabe écrit et dessine lui-même cette série noire, son grand titre, nourri par un goût marqué pour les marges et l’économie souterraine. Le manga démarre en 2004 dans le magazine Big Comic Spirits de Shogakukan et s’achève en 2019 au Japon en 46 volumes. En France, Kana le lance dès 2007 dans sa collection Big Kana ; l’édition française s’est arrêtée au tome 45 dans le catalogue de l’éditeur.
Avec quinze ans de publication, plusieurs adaptations en prises de vues réelles et un Prix Shogakukan obtenu en 2011, la série a laissé une vraie trace dans le seinen social japonais. Elle a aussi reçu un Social Impact Award au Japan Media Arts Festival en 2020, signe qu’on y a vu autre chose qu’un simple manga de pègre. Pour la collection, le point à connaître est simple : l’édition Kana fait référence en français, mais elle reste incomplète d’un volume par rapport à l’édition japonaise, ce qui compte forcément quand on cherche une série terminée en rayon.