En 2058, six soldats de la Purgatory Station partent examiner un mur noir apparu entre Jupiter et Saturne, assez vaste pour couper le Système solaire en deux. À leur tête, le capitaine Kalish doit garder son équipage uni alors que la mission tourne au cauchemar. Universal War One démarre comme une opération militaire en apesanteur et glisse très vite vers une énigme cosmique, avec des voyages temporels, de la paranoïa et un vrai sens du vertige.
La série est écrite et dessinée par Denis Bajram, auteur français né en 1970, qui mène ici seul un space opera d’auteur à grande échelle. Le projet est conçu en 1997 et lancé chez Soleil en 1998 ; le cycle principal s’étend jusqu’en 2006 en six albums, avant une édition intégrale publiée en 2008 puis reprise en deux volumes en 2014. Bajram y mêle spectacle spatial, rigueur du puzzle scénaristique et réflexion politique, sans perdre le nerf du récit.
Avec plus d’un million d’exemplaires vendus selon le site de l’auteur, Universal War One fait partie des grandes BD de science-fiction françaises des années 2000 ; la série a aussi été publiée aux États-Unis par Marvel. Pour un lecteur d’aujourd’hui, le bon point d’entrée reste l’intégrale de 2008 si l’on veut lire le cycle d’un bloc et profiter des bonus, tandis que l’édition en deux intégrales de 2014 facilite une approche plus souple en collection. Les albums d’origine Soleil gardent, eux, l’attrait de la première vie éditoriale.