Abel Nightroad a l’air d’un prêtre un peu lunaire, mais il sillonne une Europe ravagée où le Vatican affronte l’Empire des vampires. Dès le départ, Trinity Blood pose un décor de cathédrales, de complots et de ruines futuristes, avec une guerre froide permanente entre humains et Méthuselah. Le moteur du récit, c’est ce contraste entre la douceur presque maladroite d’Abel et ce qu’il cache quand la situation bascule.
À l’origine, l’univers vient des romans de Sunao Yoshida, illustrés par Thores Shibamoto, d’abord publiés au début des années 2000 dans The Sneaker chez Kadokawa. Le manga démarre ensuite en 2003 au Japon, dessiné par Kiyo Kyujyo dans le magazine Asuka, toujours chez Kadokawa. En France, c’est Kana qui l’installe à partir de 2008 dans sa collection Dark Kana, avec une publication menée jusqu’au tome 21. Une série animée produite par Gonzo suit en 2005 et contribue à faire connaître ce mélange de SF gothique et d’action religieuse.
Le cas Trinity Blood est particulier : l’œuvre a gardé un vrai noyau de lecteurs, mais elle reste plus culte que massive, notamment parce que la mort de Sunao Yoshida en 2004 a laissé l’ensemble inachevé côté romans. Le manga, lui, a eu le temps d’aller au bout de sa propre trajectoire et sa parution japonaise s’est étirée jusqu’en 2018. Pour un collectionneur français, le repère est simple : la série Kana en 21 tomes forme l’édition de référence la plus lisible à suivre d’un bout à l’autre.