Sei fait partie de ces jeunes que le Japon a déjà rayés de la carte. Après une nouvelle tentative de suicide, il est débarqué sur une île avec d’autres « indésirables », sans vraie aide, sans retour simple vers le continent, et avec une seule urgence : tenir jusqu’au lendemain. Suicide Island part de ce choc brutal pour devenir un récit de survie très concret, entre faim, peur, violence et lente reconstruction.
Le manga est écrit et dessiné par Kôji Mori, connu aussi pour Holyland, autre seinen où des personnages cabossés cherchent leur place à coups d’épreuves très physiques. Suicide Island débute en 2008 dans le magazine Young Animal de Hakusensha au Japon et se boucle en 2016 en 17 volumes. En France, la série arrive en 2011 chez Kazé Manga, devenu depuis Crunchyroll pour son catalogue.
Le titre n’a pas eu d’adaptation animée ni de gros relais grand public, mais il a gardé une vraie réputation chez les lecteurs de seinen âpres, justement parce qu’il pousse loin son idée de départ sans la réduire à un simple jeu de massacre. Pour un collectionneur français, le repère est simple : l’édition Kazé en 17 tomes constitue la série complète, ensuite reprise dans le giron Crunchyroll après le rachat du catalogue. Si l’on aime les mangas de survie qui parlent autant de gestes quotidiens que d’état mental, c’est une série qui mérite d’être redécouverte.