Seiichi Takoha n’a qu’une idée en tête : détruire le Sou Bou Tei, un manoir monstrueux planté au cœur de Tokyo, que l’armée bombarde sans réussir à l’abattre. Autour de lui, une fillette, des médiums, des soldats et d’autres vies cabossées se retrouvent aspirés dans cette maison qui avale les corps, les souvenirs et la raison. Le départ tient du siège militaire et du récit d’horreur, puis Fujita fait grimper la folie pièce après pièce, sans lâcher le goût de l’aventure.
Kazuhiro Fujita n’est pas un nouveau venu : on lui doit déjà Ushio et Tora et Karakuri Circus, deux longues séries qui ont installé son sens du monstre, du mouvement et des visages possédés. Sou Bou Tei démarre en 2016 dans le Weekly Shōnen Sunday de Shogakukan et se boucle en 2021 en 25 volumes au Japon. En France, Mangetsu le lance en 2024 dans un format agrandi, un choix logique pour un dessin qui mise autant sur les gueules cassées que sur les décors qui vrillent.
On est face à une série récente mais terminée, donc idéale pour les lecteurs qui veulent un grand récit d’horreur sans attendre la suite. Il n’y a pas, à ce jour, d’adaptation majeure qui ait fait exploser sa notoriété hors du cercle des lecteurs de manga, et c’est aussi ce qui fait son intérêt : un titre de connaisseurs, signé par un auteur culte pour beaucoup de lecteurs de shōnen et de seinen. Côté collection, le point de départ est simple : prendre l’édition Mangetsu depuis le tome 1, seule édition française disponible à ce jour.