Lara a seize ans quand on la brûle comme sorcière dans la France du XVe siècle. Son serment de vengeance la propulse bien plus loin, dans New Eden, une Amérique futuriste où se croisent flics, robots tueurs et puissants bien décidés à garder la main sur la ville. Sha démarre comme un récit de revanche pure, avec une héroïne qui traverse le temps pour faire payer ses bourreaux.
La série réunit le Britannique Pat Mills, figure majeure de la BD anglaise passée par 2000 AD, et Olivier Ledroit, alors déjà remarqué pour Les Chroniques de la Lune Noire et Xoco. Sha paraît chez Soleil en trois albums entre 1996 et 1998, puis en intégrale en 1999. Pour Ledroit, c’est un virage net : moins d’heroic fantasy pure, plus de science-fiction noire, sans perdre ce goût du baroque, des visages ravagés et des décors chargés.
Aujourd’hui, Sha reste surtout un titre de connaisseurs dans la bibliographie de Ledroit, moins cité que Les Chroniques de la Lune Noire ou Requiem, mais précieux pour voir son dessin basculer vers un gothique futuriste très personnel. Côté collection, le repère le plus simple reste l’intégrale Soleil de 1999, qui rassemble la trilogie ; les albums d’origine, eux, gardent le découpage de la première publication pour ceux qui veulent la série telle qu’elle est sortie.