Nozomu Itoshiki arrive en classe avec une idée fixe : voir le pire partout, tout le temps. Dans Sayonara Monsieur Désespoir, ce professeur aussi brillant qu’ingérable entraîne ses élèves dans une suite de scènes où la déprime tourne à la farce, entre satire sociale, absurdité pure et gags qui partent souvent très loin. Le décor est celui du quotidien scolaire, mais Kohji Kumeta s’en sert pour tirer sur tout ce qui l’agace, des modes aux médias en passant par les petites hypocrisies du Japon contemporain.
Kohji Kumeta écrit et dessine la série. Avant elle, il s’était déjà fait remarquer avec Katteni Kaizō, et on retrouvera plus tard son goût du décalage dans Kakushigoto. Sayonara Monsieur Désespoir démarre en 2005 dans le Weekly Shōnen Magazine de Kōdansha ; la version française arrive chez Pika en 2009. La série japonaise est complète en 30 tomes, alors que l’édition française a longtemps avancé par paliers, avec plusieurs reprises espacées dans le temps.
Le titre a assez compté pour décrocher le Prix du manga Kōdansha en 2007 et pour être adapté en anime, notamment par le studio Shaft. En France, c’est resté un manga de lecteurs curieux, souvent recommandé à ceux qui aiment l’humour très bavard, la référence culturelle et les séries qui mitraillent leur époque. Côté collection, le plus simple est de bien repérer les tomes Pika déjà parus : l’édition française n’a pas suivi un rythme continu, et c’est ce décalage entre parution japonaise et publication française qui fait une partie de sa singularité en rayon.