Yukichi, trentenaire largué, vit de petits boulots et d’idées qui tournent mal jusqu’au jour où sa route croise celle d’une lycéenne, d’un ancien camarade devenu adulte sans vraiment l’être, et d’une famille qui le ramène à ses propres ratés. Saltiness suit cet homme bancal dans un Japon très concret, entre gêne, éclats absurdes et vrais moments de malaise. On avance avec lui sans savoir s’il va enfin se relever ou s’enfoncer un peu plus.
Le manga est signé Minoru Furuya, auteur de Ping Pong Club, Himizu et Ciguatera, connu pour faire déraper le comique vers quelque chose de plus cru et plus triste. Saltiness démarre en 2012 dans le Weekly Young Magazine de Kōdansha, au Japon, et tient en quatre volumes. En France, Akata le publie en 2018 et 2019 dans sa collection WTF?!, un bon écrin pour ce récit qui refuse les héros lisses.
Avec le recul, Saltiness n’est pas la série de Furuya la plus citée, mais elle a laissé une vraie trace critique en France : sélection officielle au Festival d’Angoulême 2019 et finaliste du Prix Asie de la Critique ACBD la même année. Pour une série courte, c’est un signal solide. Côté collection, le parcours est simple : l’édition Akata en quatre tomes couvre l’intégralité du récit, sans intégrale française à ce jour. Mieux vaut partir du tome 1 et lire l’ensemble d’une traite : c’est un bloc court, mais pas une lecture légère.