Chez Reiser, on croise des types mal foutus, des beaufs, des dragueurs minables, des vacanciers idiots et des corps jamais idéalisés. Son terrain, c’est la France ordinaire, vue avec un trait sec et un humour qui cogne vite. On entre là dans des histoires courtes, cruelles, souvent très drôles, où la blague laisse presque toujours une écharde.
Jean-Marc Reiser, né en 1941 et mort en 1983, fait partie des grandes plumes dessinées passées par Hara-Kiri, puis Charlie Hebdo, tout en publiant aussi dans Pilote, La Gueule ouverte ou L’Écho des savanes. Son dessin a l’air jeté sur le papier, mais il attrape en deux traits une silhouette, une lâcheté, une bassesse. Côté albums, plusieurs titres paraissent d’abord chez Albin Michel de son vivant, puis l’éditeur lance en 1994 la collection anthologique Les Années Reiser, qui remet en circulation une large part de son travail.
Reiser est mort jeune, mais son nom n’a jamais quitté l’histoire de la BD satirique française. Son influence se lit chez des auteurs de presse et d’humour plus féroces que polis, et ses personnages comme Gros Dégueulasse restent parmi les figures les plus connues de son œuvre. Pour une collection, le bon repère, c’est justement Les Années Reiser chez Albin Michel : une série d’anthologies pratique pour entrer dans l’auteur, là où les albums d’époque sont plus dispersés et parfois plus difficiles à suivre d’un seul bloc.
Albums indépendants (one-shots, artbooks…) rattachés à l'univers, à ajouter à votre collection.