Ranx, c’est une masse de muscles et de métal bricolée à partir d’un photocopieur, lancée dans une ville future sale, brutale et surexcitée. Autour de lui, le sexe, la violence et la pub envahissent tout, et sa relation avec la jeune Lubna donne à cette cavale un mélange très particulier de rage, d’excès et d’humour noir. On entre là dans une BD adulte qui cogne d’abord par ses images, puis par son monde sans frein.
Le personnage naît en Italie sous l’impulsion de Stefano Tamburini et de Tanino Liberatore, d’abord dans Cannibale en 1978, avant de trouver sa forme la plus célèbre dans Frigidaire au début des années 1980. En France, Ranx arrive en 1981 dans L’Écho des savanes, puis en album chez Albin Michel. Liberatore, avec son dessin hyperréaliste et agressif, reste la grande signature visuelle de la série.
Avec le recul, Ranx garde une place à part dans l’histoire de la BD adulte européenne : moins une série longue qu’un choc graphique et culturel, souvent cité quand on parle des années 1980 les plus libres et les plus provocantes. La saga principale tient en peu d’albums, avec un troisième épisode scénarisé plus tard avec Alain Chabat, puis un retour d’images et variations dans Ranx : Ré/incarnations en 2017. Pour la collection, il faut bien distinguer les albums d’origine publiés chez Albin Michel / L’Écho des savanes et l’intégrale plus récente, plus pratique pour lire l’ensemble d’un bloc.
Albums indépendants (one-shots, artbooks…) rattachés à l'univers, à ajouter à votre collection.