Riku a 13 ans quand sa vie bascule : accusé à tort du meurtre de son père adoptif, il est expédié sur une île-prison plantée dans un Tokyo ravagé, où les détenus survivent entre brutalité, trafic et pouvoir corrompu. Le garçon n’a ni muscles de colosse ni plan tout fait, mais une rage tenace et un cap simple : sortir vivant de cet enfer pour faire tomber l’homme qui l’y a envoyé. Prisonnier Riku part d’un récit de bagne et file très vite vers le manga d’évasion, tendu, nerveux, avec une vraie dureté dans les coups comme dans les choix.
La série est écrite et dessinée par Shinobu Seguchi, auteur né à Osaka et ancien assistant de King Gonta. Elle démarre en 2011 dans le Weekly Shōnen Champion d’Akita Shoten, magazine qui a aussi porté des titres musclés comme Baki. En France, Prisonnier Riku arrive chez Akata en 2014, au moment où l’éditeur indépendant construit une ligne manga plus personnelle et plus risquée que la moyenne.
Au Japon, le manga s’achève en 2018 après 38 volumes, tous repris en français, jusqu’au dernier tome paru chez Akata en 2021. Akata rappelait encore à cette occasion que c’était sa série la plus longue, et signalait la réimpression des tomes devenus difficiles à trouver. Le titre n’a pas eu l’exposition d’un mastodonte du shōnen, mais il s’est installé chez les lecteurs qui aiment les longues cavales sombres et les personnages forgés dans la casse. Pour la collection, le bon point est simple : l’édition française Akata couvre l’intégralité de la série, sans changement de numérotation en cours de route.