Yûsuke est un lycéen banal, du genre à raser les murs, jusqu’au jour où sa vie déraille à force de petits choix malheureux, de mauvaises rencontres et d’humiliations qu’il encaisse sans savoir quoi en faire. Dans Poison Quotidien, Minoru Furuya part d’un quotidien très simple, la classe, les copains, les filles, la honte, puis fait monter une angoisse de plus en plus sale. On entre dans l’histoire comme dans un malaise qu’on connaît trop bien, avec ce mélange de gêne, de noirceur et d’humour nerveux qui ne lâche pas.
Furuya, mangaka né en 1972 à Urawa, a d’abord travaillé comme coiffeur avant de débuter en 1993 avec Ping Pong Club dans le Weekly Young Magazine, série récompensée par le Kodansha Manga Award en 1996. Poison Quotidien démarre au Japon en 2003 dans ce même magazine de Kōdansha, sous son titre original Ciguatera. En France, Akata le lance en 2022 et boucle la série en 2023 en six tomes.
Avec le recul, c’est l’un des titres importants du Furuya des années 2000, au point d’avoir été retenu parmi les recommandations du jury au Japan Media Arts Festival en 2004 puis en 2005. Ce n’est pas un manga de baston ni un simple récit scolaire : c’est une chronique nerveuse sur l’âge où tout peut tourner de travers en une journée. Côté collection, l’édition Akata en 6 volumes est à ce jour la référence française, complète dès l’origine et fidèle au format de lecture manga.