Turuk ouvre le bal avec un orc lancé dans une cavale sanglante, et tout est là d’emblée : des clans qui se déchirent, des bastons sèches, des trahisons, et cette impression que les Terres d’Arran ne feront de cadeau à personne. Dans Orcs & Gobelins, chaque album suit un personnage différent, orc, gobelin, humain ou même orkelin, avec des récits complets qui peuvent se lire séparément. Le ton est plus rugueux que dans Elfes ou Nains, avec une fantasy de terrain, sale, brutale, souvent menée au couteau.
La série est lancée chez Soleil en 2017, dans le grand ensemble du Monde d’Aquilon, piloté par Jean-Luc Istin. Le premier tome, Turuk, est scénarisé par Istin et dessiné par Diogo Saïto ; très vite, la collection adopte le principe maison des Terres d’Arran : plusieurs scénaristes et dessinateurs se relaient d’un album à l’autre. On y croise notamment Nicolas Jarry, Olivier Peru, Sylvain Cordurié, Giovanni Lorusso ou Stéphane Créty, chacun amenant sa gueule, son rythme, sa manière de faire exister ces peuples.
Orcs & Gobelins reste une série en cours, nourrie par le même modèle que les autres branches d’Arran : des one-shots reliés par un monde commun plus que par un héros fixe. Ce n’est pas une série à prendre comme une fresque linéaire, mais comme une galerie de destins dans le même univers. Côté collection, l’édition originale de Turuk se repère facilement à son dos lettré en vert, là où les suivants passent au doré, et elle contient en plus un dossier de 7 pages sur les personnages à venir.