Arrouan a grandi dans le désert américain, sous une tente, loin des villes, mais avec un drôle de don : il peut entrer dans la mémoire des ordinateurs. Formé par les services secrets américains, ce gamin devenu fugitif traverse un futur cabossé entre bidonvilles high-tech, frontières militarisées et poursuites nerveuses. Nomad part d’une image simple et forte, celle d’un gosse du désert branché de force au monde des machines, puis file vers une SF d’action sèche, tendue, très marquée par le cyberpunk des années 1990.
La série est écrite par Jean-David Morvan et dessinée par Sylvain Savoia, avec Philippe Buchet crédité au dessin sur plusieurs volumes. Elle démarre chez Glénat en 1994, dans la collection Akira, et son premier cycle compte cinq albums publiés jusqu’en 2000. Glénat relance ensuite l’univers en 2013 avec une Nouvelle Édition du cycle 1, avant un second cycle, Nomad 2.0, poursuivi jusqu’en 2016 avec Julien Carette au dessin, Savoia restant présent sur le premier volume de cette relance.
Nomad n’a pas la visibilité des grandes locomotives SF de la même époque, mais la série garde une vraie place dans l’histoire du manga à la française chez Glénat : c’est l’un des premiers titres maison à assumer aussi frontalement ce croisement entre BD franco-belge, comics et influence japonaise. Pour un collectionneur, le plus simple est de commencer par la Nouvelle Édition du premier cycle, plus facile à trouver que certains albums de 1994-2000, puis d’enchaîner avec Nomad 2.0, qui prolonge directement le parcours d’Arrouan.