Nestor Burma a la gueule d’un dur, le mot qui traîne et le flair d’un privé qui connaît trop bien Paris pour s’y promener tranquille. Entre hôtels minables, quais noyés de brume et bistrots où l’on parle bas, ses enquêtes avancent à coups d’indices, de rencontres louches et de mauvais souvenirs. On est dans un polar sec, urbain, où l’humour de Burma sert surtout à tenir debout quand l’affaire tourne mal.
Le personnage naît sous la plume de Léo Malet, romancier majeur du noir français, qui lance Burma en 1943 avec 120, rue de la Gare. En bande dessinée, c’est Jacques Tardi qui lui donne son visage le plus fort : Brouillard au pont de Tolbiac ouvre la série chez Casterman en 1982, d’après le roman de Malet d’abord publié dans À Suivre. Tardi adaptera ensuite 120, rue de la Gare en 1988, puis M’as-tu vu en cadavre ? en 1992 et Une gueule de bois en plomb en 1990.
Avec le temps, ces albums se sont imposés comme une passerelle idéale entre le roman policier français et la BD noire. Casterman a réuni les quatre adaptations de Tardi dans une Intégrale en 2019, puis dans une autre intégrale en 2023 ; on trouve aussi une édition petit format de 120, rue de la Gare parue en 2024. Pour commencer, le plus simple reste l’Intégrale Tardi et Malet ; pour collectionner, les albums cartonnés d’origine gardent un vrai charme de bibliothèque policière.
Albums indépendants (one-shots, artbooks…) rattachés à l'univers, à ajouter à votre collection.