La docteure Frieda Boher aime les cadavres et se fabrique un amant idéal avec des morceaux de choix : ainsi naît Necron, colosse cousu main, cannibale, violent et parfois presque touchant. Tout part de là : un labo, une savante détraquée, un monstre lancé dans une suite de carnages et d’étreintes. Le ton est celui d’un gothique sale et outrancier, entre horreur de série noire et porno italien sans frein.
Au dessin, Magnus, pseudonyme de Roberto Raviola, grand nom du fumetto italien adulte. Le scénario est signé Ilaria Volpe, autre pseudonyme derrière cette série d’horreur érotique née en Italie en 1981 chez Edifumetto, d’abord en fascicules de poche en noir et blanc. En France, Necron paraît une première fois chez Albin Michel en cinq albums entre 1983 et 1989, avant d’être repris chez Cornélius en édition complète respectant le format pocket original.
Avec le recul, Necron reste moins un titre de large notoriété qu’une pièce très recherchée dans le parcours de Magnus, justement parce qu’elle pousse à fond son goût du mauvais genre, du grotesque et du dessin charnel. L’édition Cornélius en 7 volumes, publiée de 2006 à 2010, a remis en circulation les planches en noir et blanc non remontées, là où l’ancienne version française modifiait le matériau d’origine. Pour une collection, c’est le bon repère : si l’on veut lire Necron tel qu’il avait été pensé en Italie, c’est cette édition qu’il faut regarder.