Mortadelo, grand escogriffe capable de se déguiser en n’importe quoi en une case, et Filemón, son chef aussi nerveux qu’impuissant, foncent de mission ratée en mission pire encore. D’abord détectives privés, puis agents de la T.I.A., ils traversent un monde d’espionnage, d’actualité et de catastrophe en chaîne où chaque invention, chaque poursuite et chaque plan bien senti finit en explosion burlesque. Le plaisir, ici, tient autant aux poursuites qu’aux métamorphoses-éclair de Mortadelo et aux colères de Filemón.
Leur créateur, Francisco Ibáñez, est l’un des très grands noms du tebeo espagnol. Il lance Mortadelo y Filemón, agencia de información en 1958 dans Pulgarcito, chez Bruguera, d’abord sous forme d’histoires courtes de 1 à 4 pages ; la série prendra ensuite l’ampleur qu’on lui connaît, au point de donner son nom à la revue Mortadelo, lancée en 1970. Après la disparition de Bruguera en 1986, Ediciones B reprend la publication en 1987 et fait de Magos del Humor le grand format cartonné des aventures inédites.
Avec plus de 65 ans d’existence, Mortadelo y Filemón reste la série la plus durable du comic espagnol et l’un des visages les plus populaires d’Ibáñez. Dans les années 1970, la revue Mortadelo tirait autour de 250 000 exemplaires par semaine, signe d’un succès installé bien au-delà du cercle des amateurs. Pour une collection, le plus simple est de distinguer les albums Olé!, plus compacts, des Magos del Humor, en grand cartonné ; pour remonter aux racines, El sulfato atómico reste l’un des meilleurs points d’entrée.
Albums indépendants (one-shots, artbooks…) rattachés à l'univers, à ajouter à votre collection.