Taichi Hiraga Keaton a le profil le plus improbable du manga : ancien du SAS, enquêteur pour le Lloyd’s de Londres et archéologue formé à Oxford. Il traverse l’Europe, le Proche-Orient ou le Japon au fil d’affaires d’assurance qui tournent vite au piège, entre faux accidents, vieilles haines et survie en terrain hostile. Le ton reste posé, presque feutré, mais chaque dossier peut basculer d’un coup.
Master Keaton naît en 1988 dans Big Comic Original, chez Shogakukan. Au dessin, Naoki Urasawa, bien avant Monster et 20th Century Boys, impose déjà son sens des visages, du découpage et de la tension discrète. Le récit est signé Hokusei Katsushika, pseudonyme de Hajime Kimura, puis Takashi Nagasaki est associé à l’œuvre ; la série originale court jusqu’en 1994, avant un retour avec Master Keaton Remaster, prépublié de 2012 à 2014. En France, Kana a publié la Deluxe en 12 tomes à partir de 2013.
Avec le recul, la série tient une place à part dans la bibliographie d’Urasawa : moins connue que Monster, mais essentielle pour voir naître son goût des enquêtes, des voyages et des personnages pris entre culture savante et danger très concret. Elle a aussi connu une adaptation animée de 39 épisodes, plus un OVA, signe d’une œuvre durablement installée. Pour une collection, le bon point d’entrée reste l’édition Master Keaton Deluxe de Kana, en 12 volumes, qui reprend la réédition japonaise complète ; Remaster vient ensuite comme un vrai retour, pas comme un simple bonus.
Albums indépendants (one-shots, artbooks…) rattachés à l'univers, à ajouter à votre collection.