Isamu Higata a perdu un œil à la guerre et rentre dans une Mandchourie de 1935 où survivre compte déjà comme une victoire. Pour nourrir sa famille, cet ancien soldat au talent rare se met à fabriquer de l’opium, puis glisse dans un trafic qui mêle armée japonaise, mafias locales et lutte de pouvoir. Le ton est noir, tendu, souvent brutal, avec ce qu’il faut de précision historique pour donner du poids à chaque choix.
Manchuria Opium Squad est écrit par Tsukasa Monma et dessiné par Shikako. Le manga démarre en 2020 sur la plateforme Comic Days de Kōdansha, avant de rejoindre en 2021 le Weekly Young Magazine, un passage qui l’installe dans le paysage seinen. En France, la série arrive chez Vega-Dupuis à partir de 2022, dans une édition de poche au sens de lecture japonais.
C’est encore une œuvre récente, mais elle a déjà franchi le cap du million d’exemplaires au Japon, un signal solide pour un seinen historique aussi dur. Sa place reste assez à part: moins un manga de gangsters classique qu’un récit de survie et d’ambition, porté par un décor rarement utilisé en manga. Pour commencer, le mieux est de suivre la série dans son édition courante Vega-Dupuis, qui reprend l’ordre original des volumes; à ce jour, il n’existe pas en France d’intégrale ni de version collector qui change vraiment l’approche de collection.