Seiichi est un collégien discret, élevé dans une petite ville japonaise où tout semble tranquille. Sa mère Seiko veille sur lui de trop près, avec des gestes tendres qui finissent par mettre mal à l’aise, jusqu’au jour où une sortie en famille fait basculer cette vie banale. Les Liens du sang avance comme un thriller intime : pas besoin de monstres quand un simple regard suffit à faire monter la peur.
Shuzo Oshimi, que les lecteurs de manga connaissent aussi pour Les Fleurs du mal, construit ici un récit de malaise au cordeau. La série démarre en 2017 dans le magazine Big Comic Superior de Shogakukan ; en France, Ki-oon la lance en 2019. L’auteur y retrouve ce qui fait sa force : des émotions très physiques, des silences lourds, et une façon de montrer l’adolescence sans chercher à l’adoucir.
La série est terminée au Japon en 17 volumes, et l’édition française de Ki-oon suit ce format. Elle a reçu le Fauve de la série au Festival d’Angoulême 2023, un signal solide pour un manga qui a surtout marqué par son intensité psychologique plus que par l’esbroufe. Pour une collection, le plus simple est de commencer par l’édition Ki-oon au format d’origine : c’est elle qui porte toute la série, sans changement de numérotation ni refonte en intégrale à ce jour.