Le sergent Chesterfield fonce sabre au clair, le caporal Blutch cherche surtout à rester en vie, et les voilà embarqués dans la guerre de Sécession côté nordiste. Toute la série tient dans ce duo: un brave soldat qui croit encore à la gloire militaire, face à un râleur malin qui a compris depuis longtemps que la guerre est d'abord une machine absurde. Les Tuniques bleues avance comme ça, entre poursuites, camps, batailles et gags, avec assez de fond historique pour donner du poids aux aventures sans jamais plomber la lecture.
La série est créée en 1968 dans Spirou par Raoul Cauvin au scénario et Louis Salvérius au dessin, avant de passer en albums chez Dupuis à partir de 1972. Après la mort de Salvérius la même année, Willy Lambil reprend le dessin et devient le grand visage graphique de la série pendant des décennies. Cauvin, pilier du journal Spirou, y impose un mélange rare de comédie populaire et de récit historique, nourri par une vraie attention aux uniformes, aux lieux et aux épisodes de la guerre civile américaine.
Avec plus de 21 millions d'albums vendus, Les Tuniques bleues fait partie des très longues histoires de la BD franco-belge, assez solide pour avoir dépassé le cadre de la série mère avec intégrales, albums hommage et ouvrages de coulisses. Pour un collectionneur, il faut bien distinguer les albums classiques Dupuis, les Intégrales enrichies de dossiers, et les éditions plus particulières comme la Rombaldi, qui ne jouent pas du tout le même rôle dans une bibliothèque. Le plus simple reste de commencer par les albums du cycle Lambil-Cauvin, cœur historique de la série.
Albums indépendants (one-shots, artbooks…) rattachés à l'univers, à ajouter à votre collection.