Dans Les Eaux de Mortelune, Paris n’est plus qu’un décor en ruine où l’eau vaut plus cher que la vie. Au milieu de cette ville dévastée, le prince de Mortelune règne sur une cour malade, pendant que les survivants s’arrachent les dernières ressources et cherchent encore un passage vers des jours moins cruels. Dès les premières pages, Patrick Cothias et Philippe Adamov installent une aventure de survie, de complots et de pouvoir, avec un ton noir qui garde juste ce qu’il faut de fièvre baroque.
La série réunit le scénariste Patrick Cothias et le dessinateur Philippe Adamov, un tandem qui a aussi marqué la BD d’aventure avec Le Vent des dieux. Les Eaux de Mortelune démarre en 1986 chez Glénat, dans la collection Caractère, après une prépublication signalée dans Circus. L’ensemble forme un cycle de science-fiction post-apocalyptique porté par le dessin d’Adamov, très lisible dans l’action mais assez chargé pour faire sentir la crasse, la faim et la décadence.
Avec le recul, la série reste surtout un titre fort de la SF francophone des années 1980-1990 plutôt qu’un best-seller sans cesse réédité. Le corpus d’origine compte 10 albums publiés entre 1986 et 2000, puis Glénat a proposé des intégrales tomes 01 à 05 et 06 à 10 en 2001, repère utile pour lire l’histoire par grands blocs. Pour une collection, ces intégrales sont souvent la porte d’entrée la plus simple ; pour le charme des parutions d’époque, les albums Glénat de la collection Caractère gardent une vraie présence en rayon.