Franz Bauer part pour Samaris comme on part en mission, avec une adresse, des consignes, et très vite le sentiment que quelque chose cloche. Dans Les cités obscures, chaque ville a sa logique, sa beauté, ses pièges aussi : Brüsel, Urbicande ou Mylos ressemblent à des capitales rêvées par des architectes, puis dérivent peu à peu vers l’étrange. On avance dans cet univers comme dans un roman d’exploration, avec des voyageurs, des savants, des fonctionnaires perdus dans des cités trop grandes pour eux.
Le cycle est né de la rencontre entre le scénariste Benoît Peeters et le dessinateur François Schuiten, deux auteurs belges qui ont fait de la ville, de la mémoire et du décor un vrai moteur de récit. Le premier jalon, Les Murailles de Samaris, paraît d’abord en 1982 dans la revue (À Suivre), avant l’album chez Casterman en 1983. Dès le livre suivant, La Fièvre d’Urbicande, l’univers prend son ampleur et affirme ce mélange très rare de fiction d’aventure, de vertige architectural et de faux documents.
Avec le recul, Les cités obscures occupent une place à part dans la BD franco-belge : un cycle au long cours, enrichi par des albums hors format, des guides et des variantes qui débordent largement la série principale. La Fièvre d’Urbicande a reçu le prix du meilleur album à Angoulême en 1985, et Casterman a relancé l’ensemble en Intégrale à partir de 2017, en quatre volumes. Pour commencer, le plus simple reste Les Murailles de Samaris ; pour une vue d’ensemble plus confortable, l’édition Les Cités obscures Intégrale est le repère le plus pratique.
Albums indépendants (one-shots, artbooks…) rattachés à l'univers, à ajouter à votre collection.