Michel Tanguy, pilote droit comme une règle, et Ernest Laverdure, grande gueule gaffeur mais fidèle en vol comme au sol, décollent dans un monde d’escadrilles, d’alertes et de missions qui sentent le kérosène. Avec Les Chevaliers du ciel Tanguy et Laverdure, l’aviation militaire sert de moteur à des aventures nettes, rapides, souvent tendues, où l’amitié entre les deux hommes fait autant que les manœuvres aériennes. On entre là dans une BD de pilotes, d’uniformes et de camaraderie, sans perdre le goût du feuilleton.
À l’origine, Tanguy et Laverdure naissent sous la plume de Jean-Michel Charlier et le crayon d’Albert Uderzo, deux piliers du journal Pilote. La série d’origine démarre en 1959 dans Pilote, avant les albums chez Dargaud, et elle sera plus tard adaptée à la télévision sous le titre Les Chevaliers du ciel. La relance de Les Chevaliers du ciel Tanguy et Laverdure chez Dargaud est portée depuis 2018 par Frédéric Zumbiehl, souvent avec Patrice Buendia au scénario, dans une veine plus contemporaine.
Le vrai repère, ici, c’est la longévité : plus de soixante ans après leur création, Tanguy et Laverdure continuent d’être publiés, ce qui les place parmi les grands héros d’aviation de la BD franco-belge. Dargaud entretient ce fonds avec plusieurs portes d’entrée utiles : la série classique en Intégrales, avec couleurs retravaillées sous la direction d’Uderzo et dossier éditorial, ou la branche Les Chevaliers du ciel Tanguy et Laverdure pour lire les aventures récentes sans remonter aux origines.