Costume-cravate, ventre rond, moustaches bien nettes : Le Chat de Philippe Geluck a la tête d'un bon bourgeois et la langue d'un sniper. Dans une case, au micro, chez le médecin ou à table, il balance une évidence absurde, un jeu de mots ou une méchanceté tranquille qui fait mouche sans prévenir. C'est une série de gags, oui, mais avec un personnage si bien campé qu'on le reconnaît en deux secondes.
Philippe Geluck, auteur belge passé par la presse, la radio et la télévision, crée Le Chat pour le quotidien Le Soir en 1983. Le personnage naît d'abord en dessin de presse avant de passer en album chez Casterman en 1986, une arrivée qui n'avait rien d'évident pour un recueil de cartoons. Cette origine compte beaucoup : le rythme est celui de la chute, de la phrase qui claque, du dessin qui a l'air simple alors qu'il est réglé au millimètre.
Avec le recul, Le Chat a largement dépassé le simple rendez-vous de journal : les tirages de certains albums montaient encore à 300 000 exemplaires en 2003 et 2010, puis 350 000 pour le tome 18 en 2013. La série de presse s'est arrêtée cette même année, après trente ans de publication continue, mais le personnage a continué sa vie en livres, en best of et en beaux ouvrages comme L'Art et le Chat. Pour commencer, le plus simple reste les albums numérotés chez Casterman ; les Best of servent bien si l'on veut picorer les meilleurs gags sans suivre l'ordre.
Albums indépendants (one-shots, artbooks…) rattachés à l'univers, à ajouter à votre collection.