Gabrielle Lange, journaliste radio aussi ambitieuse qu’intrépide, part dans les Highlands avec son technicien Mathieu White pour enquêter sur le docteur Arnold Eon. Dans cette pension isolée, les pensionnaires semblent capables de faire basculer l’imaginaire dans le réel, et chaque couloir épaissit un peu plus le mystère. Le départ tient du thriller fantastique, avec juste ce qu’il faut d’étrangeté pour donner envie d’ouvrir la porte suivante.
La Pension du Docteur Eon réunit Patrick Cothias au scénario et Griffo au dessin et à la couleur, un tandem bien connu des lecteurs de BD franco-belge. Le diptyque paraît chez Le Lombard, dans la collection Signé, avec un premier tome en 1998 puis une conclusion en 1999. Une réédition en intégrale suit en 2008, toujours chez Le Lombard, ce qui permet de lire l’ensemble d’une traite.
On est ici devant une œuvre courte, en deux albums, ce qui lui donne une place un peu à part dans la bibliographie de ses auteurs : pas une grande fresque au long cours, mais un récit fermé, nerveux et très tenu. Les faits sûrs, c’est sa forme de diptyque, sa publication dans Signé et son retour en intégrale ; pour le reste, mieux vaut parler de titre de connaisseurs que de lui prêter un statut qu’on ne peut pas mesurer sérieusement. Pour la collection, le plus simple est de viser soit les deux albums d’origine de 1998-1999, soit l’intégrale de 2008 si l’on veut le récit complet en un volume.