À Eauxfolles, un royaume bancal posé au bord du vide, le sergent Baltimore et toute une cour de têtes couronnées, de savants et d’originaux avancent comme dans un rêve qui tournerait de travers. La Nef des fous démarre dans un décor de conte médiéval, puis bifurque vite vers l’enquête, l’absurde et la fantaisie pure. On y croise des complots, des disparitions et des machines improbables, mais sans perdre ce ton malicieux qui fait accepter les détours les plus étranges.
Derrière la série, il y a Turf, de son vrai nom Bernard Thierce, né à Marseille en 1966 et formé aux Beaux-Arts d’Angoulême. Il lance La Nef des fous chez Delcourt en 1993, dans la collection Terres de Légendes, après avoir déjà laissé entrevoir cet univers dès 1990 dans Les Enfants du Nil. La série est écrite, dessinée et mise en couleurs par lui, ce qui donne à l’ensemble une vraie continuité visuelle, avec des pages en couleurs directes qui gardent quelque chose du livre d’images et du théâtre de tréteaux.
Le parcours éditorial est tout sauf linéaire : un premier cycle va jusqu’à Terminus en 2009, puis Turf relance la série en 2017 avec Disparition et un second cycle toujours prolongé depuis. Côté collection, il existe un coffret intégral paru en 2011, puis des volumes L’intégrale sortis en 2017, 2018 et 2024 ; pratique pour entrer dans cette œuvre sans courir après les premiers albums de 1993. Pour un lecteur curieux, c’est souvent la meilleure porte d’entrée.
Albums indépendants (one-shots, artbooks…) rattachés à l'univers, à ajouter à votre collection.