Phosphophyllite, que tout le monde appelle Phos, est l'un des plus fragiles habitants d'un monde peuplé de gemmes immortelles, traquées par des êtres lunaires qui viennent les briser pour les emporter. Chargé d'une mission en apparence modeste, ce personnage trop léger pour le combat se met pourtant en marche, et c'est là que L'Ère des cristaux attrape le lecteur. Le décor a la beauté d'un rêve clair, mais l'aventure glisse vite vers quelque chose de plus dur, plus mélancolique, sans perdre son mystère.
Haruko Ichikawa signe seule ce manga au dessin très reconnaissable, tout en blancs, en noirs et en silhouettes nettes. La série démarre en 2012 dans le magazine Afternoon de Kodansha au Japon, puis arrive en France chez Glénat à partir de 2016. L'adaptation animée produite par Orange en 2017 a beaucoup compté dans sa circulation hors du cercle des lecteurs de seinen, en imposant à l'écran la même étrangeté minérale que sur la page.
Avec 12 volumes, la série est désormais complète : sa prépublication s'est achevée en 2024 après douze ans de parcours. Dès ses débuts, elle s'est fait remarquer avec une nomination au Manga Taisho 2015, puis une adaptation animée vite saluée pour sa CG. Pour un collectionneur, le point simple est aussi le bon : l'édition Glénat lancée en 2016 couvre l'ensemble de l'œuvre en tomes standards, sans multiplication de versions concurrentes en français à ce jour.