Kurokôchi n’a rien du flic modèle : il rackette, manipule et connaît les dessous les plus sales de la police japonaise. C’est justement ce visage-là qui accroche d’entrée, parce que cet inspecteur brutal avance là où les autres s’arrêtent, entre scandales d’État, vieux dossiers et coups tordus. Le manga démarre comme un polar noir, puis ouvre très vite sur une affaire plus large, nourrie par l’ombre du braquage des 300 millions de yens.
Au scénario, Takashi Nagasaki, crédité au Japon sous le nom de Richard Woo, est un habitué des récits à tiroirs ; on le croise aussi aux côtés de Naoki Urasawa sur Billy Bat ou Master Keaton. Au dessin, Kôji Kôno donne à Kurokôchi une présence lourde, usée, presque inquiétante. La série est lancée en 2012 dans le Weekly Manga Goraku de Nihon Bungeisha. En France, Komikku la publie à partir de 2015.
La série compte 23 tomes au Japon et a aussi connu une adaptation en drama télé sur TBS dès 2013, signe que le titre a vite trouvé un écho au-delà du lectorat de magazine. En France, l’édition Komikku s’est arrêtée au tome 22 dans le catalogue VoxBD, ce qui en fait une série à vérifier de près côté complétude avant achat. Pour collectionner, il faut donc bien distinguer la suite Komikku volume par volume : il n’existe pas ici d’intégrale de référence qui simplifie la chasse.