Yuichi Sumida n’a qu’une idée en tête : vivre une vie banale, sans bruit, sans rêve trop grand. Mais dans Himizu, ce garçon cabossé avance dans un Japon gris, entre parents toxiques, colère rentrée et envie d’échapper au pire. Dès les premières pages, Minoru Furuya installe un malaise très concret : un ado qui voudrait juste tenir debout, pendant que tout autour de lui pousse vers la casse.
Minoru Furuya, auteur aussi de Ping Pong Club et Ciguatera, a le don de faire cohabiter le trivial, le grotesque et la détresse la plus nue. Himizu est prépublié de 2001 à 2003 dans le Weekly Young Magazine de Kodansha, puis réuni au Japon en 4 volumes. En France, le manga arrive chez Akata en 2019 et 2020, dans une édition complète en 4 tomes.
Avec le recul, Himizu n’a pas le statut d’un gros succès de catalogue, mais plutôt celui d’un seinen marquant que les lecteurs de Furuya viennent souvent chercher pour sa noirceur frontale. Son adaptation en prise de vues réelles par Sion Sono sort en 2011, et les jeunes comédiens Shota Sometani et Fumi Nikaido y remportent le prix Marcello-Mastroianni à la Mostra de Venise. Pour la collection, le repère est simple : l’édition Akata en 4 tomes couvre l’ensemble de l’œuvre.