John Constantine est le genre d'homme qu'on repère de loin : imper froissé, clope au bec, mine fatiguée et assez de culot pour mentir à un démon comme à un ami. Dans Hellblazer, ce magicien anglais traîne ses dettes, ses fantômes et ses combines dans un Londres sale, politique et surnaturel, où chaque victoire se paie cash. On y suit moins un super-héros qu'un survivant, souvent brillant, souvent lâche, toujours prêt à replonger.
Le personnage naît d'abord chez Alan Moore dans Saga of the Swamp Thing, avant de prendre son envol en 1988 dans sa propre série chez DC. Le premier grand architecte de Hellblazer, c'est Jamie Delano, scénariste britannique et tout premier auteur régulier du titre ; il pose d'emblée un ton plus adulte, plus urbain et plus venimeux que la moyenne des comics fantastiques. Plus tard, Garth Ennis signe l'une des périodes les plus connues avec Dangerous Habits, où Constantine apprend qu'il a un cancer du poumon.
La série originale s'achève en 2013 au numéro 300, après être devenue la plus longue de l'histoire du label Vertigo. Ce long parcours explique la variété des portes d'entrée : Delano pour les bases, Ennis pour le grand classique, Mike Carey pour une veine plus continue, Brian Azzarello pour le versant noir. Côté collection en français, Urban Comics a remis de l'ordre avec ses volumes Présente Hellblazer, plus simples à suivre que les anciennes éditions éparses.
Albums indépendants (one-shots, artbooks…) rattachés à l'univers, à ajouter à votre collection.