David Gold, escroc brillant surnommé Goldfish, revient à Cleveland après des années d’absence avec une idée fixe : récupérer son fils. Le problème, c’est que la mère de l’enfant dirige le milieu local, et que chaque retour en ville rallume de vieilles dettes, des rancœurs et des pièges. Dès les premières pages, Goldfish avance comme un type qui connaît toutes les combines, mais plus tout à fait le prix à payer.
Avant de devenir l’un des grands scénaristes du comics américain, Brian Michael Bendis écrivait et dessinait lui-même ce noir sec et nerveux, nourri de dialogues qui claquent et d’un goût très sûr pour les gueules fatiguées. La série démarre en 1994 chez Caliber Comics sous le titre A.K.A. Goldfish, avant d’être reprise ensuite en recueil chez Image sous le titre Goldfish. En France, le livre arrive tardivement, ce qui en fait moins une nouveauté qu’une pièce de jeunesse remise en circulation.
Avec le recul, on lit surtout ici un jalon important : l’un des premiers chapitres du futur univers Jinxworld, où Bendis pose déjà son sens du crime urbain et des personnages cabossés. Goldfish n’a pas le statut d’un mastodonte populaire, mais le livre a connu plusieurs vies en recueil, chez Image au début des années 2000 puis chez Dark Horse en 2022, signe qu’il continue d’être défendu. Pour un collectionneur, le bon repère est simple : vérifier si l’album reprend bien le recueil complet Goldfish, et non les fascicules d’origine publiés sous A.K.A. Goldfish.