Avec Carnets d’Orient, Jacques Ferrandez fait entrer le lecteur dans l’Algérie de la conquête française, puis l’accompagne jusqu’aux années de guerre et d’indépendance. On y croise des soldats, des colons, des familles arabes, des journalistes, des peintres, des vies prises dans l’histoire plus que des héros de pure aventure. Le fil le plus marquant reste celui de Joseph Constant, peintre orientaliste fictif, qui traverse ce pays de lumière et de fracture sans jamais faire écran au réel.
Ferrandez signe seul cette fresque historique, nourrie par ses liens personnels avec l’Algérie. La série démarre chez Casterman en 1986, avec une prépublication dans À suivre, et elle s’étend finalement sur dix albums jusqu’en 2009, alors qu’elle avait d’abord été pensée pour cinq tomes. Son dessin à l’aquarelle, ses croquis et ses pages presque documentaires donnent à l’ensemble une respiration rare dans la BD historique.
Avec le recul, Carnets d’Orient s’est imposé comme l’un des grands ensembles de Ferrandez, assez durable pour être repris en intégrales chez Casterman en 2008, 2011 puis dans une nouvelle édition en 2019 pour le premier cycle, prolongée ensuite par Suites algériennes. La série a aussi reçu en 2012 le prix spécial du jury de la revue Historia. Pour une collection, le bon repère est simple : les deux intégrales de 2008 et 2011 rassemblent les dix albums d’origine, tandis que l’édition 1830-1954 puis Carnets d’Algérie - 1954-1962 remet l’ensemble en circulation sous une forme plus compacte.
Albums indépendants (one-shots, artbooks…) rattachés à l'univers, à ajouter à votre collection.