En 1896, le Belem quitte Saint-Nazaire pour sa première campagne vers l’Atlantique sud, chargé de cacao et d’hommes qui savent que la mer ne pardonne rien. Jean-Yves Delitte suit le navire au plus près : le roulis, les quarts, les tensions à bord, puis les coups du sort qui transforment une traversée commerciale en vraie aventure maritime. On embarque avec un équipage, un capitaine, un pont qui craque sous les bottes, et un trois-mâts qui devient peu à peu le héros du récit.
Auteur belge formé à l’architecture, Jean-Yves Delitte est aussi Peintre officiel de la Marine belge ; la mer, les gréements et les navires anciens sont son terrain de jeu depuis longtemps. Belem démarre en 2006 chez Glénat, dans la collection 24X32, et se déploie en quatre albums jusqu’en 2011. La série prend appui sur l’histoire réelle du voilier, lancé en 1896 pour l’armateur nantais Fernand Crouan, avec un dessin très attentif aux manœuvres, aux décors portuaires et à la vie des marins.
Le sujet a du poids : le vrai Belem est le dernier grand voilier français du XIXe siècle encore naviguant, classé monument historique depuis 1984. La Fondation Belem rappelle aussi qu’il a effectué 33 campagnes transatlantiques entre 1896 et 1913, ce qui donne à la série un solide ancrage documentaire. Côté collection, on peut la prendre du début à la fin sans se perdre : ces quatre albums forment un cycle complet chez Glénat, dans leur grand format d’origine, celui qui sert le mieux les planches de Delitte.