Tout part d’un groupe d’inconnus réunis dans un hôtel, puis arrachés d’un coup à leur réalité. Avec Arq, Andreas fait basculer Montana, Joyce, Laura, Travis et Alanna dans un monde fermé, traversé d’énigmes, de créatures étranges et de fragments d’histoires qui finissent par se répondre. Le ton n’a rien du space opera tapageur : ici, l’aventure avance comme une exploration, avec du mystère à chaque détour et la sensation de marcher dans un décor plus vaste qu’il n’en a l’air.
Derrière la série, il y a Andreas Martens, auteur allemand installé en Belgique, connu aussi pour Rork et Capricorne. Son dessin anguleux, son goût des architectures impossibles et des récits à tiroirs sautent aux yeux dès les premières pages. Arq démarre chez Delcourt en 1997 ; la série est entièrement écrite, dessinée et mise en couleur par Andreas, d’abord dans la collection Conquistador, puis dans Machination pour le second cycle. Le tome 12, Mission, clôt l’ensemble en 2009.
Avec le recul, Arq s’est installé comme l’un des grands chantiers de SF d’Andreas, mais aussi comme une série qui demande d’entrer dans son jeu plutôt que de picorer un tome au hasard. Il n’y a pas eu d’adaptation qui l’a remise brutalement sous les projecteurs : sa réputation s’est faite chez les lecteurs de BD de science-fiction et chez les amateurs de l’auteur. Pour une collection, le plus simple est de suivre les douze albums Delcourt dans l’ordre ; mieux vaut commencer au tome 1, Ailleurs, sous peine de perdre une bonne partie du puzzle.