Aria avance seule, l’épée à la main, dans un Moyen Âge imaginaire où les seigneurs sont souvent brutaux, les mages rarement rassurants et les villages toujours au bord du drame. Blonde guerrière au caractère bien trempé, elle passe d’un château à une cité perdue, d’une forêt hostile à un désert, avec ce mélange de courage, de curiosité et de méfiance qui la tient debout. Chaque album raconte une étape de cette route, entre aventure, fantastique et rencontres parfois plus humaines que les monstres.
Michel Weyland, auteur belge, a presque tout construit autour d’elle : scénario, dessin, puis un vrai monde qui a pris de l’ampleur au fil des albums, avec l’aide de Nadine Weyland aux couleurs. Aria débute en 1980 dans le journal Tintin. Les premiers albums paraissent ensuite au Lombard, avant le passage chez Dupuis en 1994, dans la collection Repérages, au moment où la série rejoint aussi Spirou. Ce trajet éditorial compte, parce qu’il explique pourquoi la collection Aria existe en plusieurs vies bien distinctes.
Le recul est aujourd’hui solide : la série a tenu sur plus de quarante ans et atteint 40 albums en série principale, un cap salué par Dupuis avec un Carnet de voyage en guise d’adieu, puis par une intégrale relancée en 2025. Aria n’a jamais eu le vacarme des très gros succès, mais elle a gardé une régularité rare et une vraie place dans la fantasy franco-belge. Pour commencer, le plus simple reste l’ordre des albums ; pour les collectionneurs, l’Intégrale Dupuis distingue clairement la reprise récente des albums d’origine publiés d’abord au Lombard.