En 1602, l’Angleterre d’Élisabeth Ire voit surgir des prodiges qui ressemblent aux héros Marvel, mais avec quatre siècles d’avance. Au milieu des complots de cour, des bûchers et des tempêtes qui annoncent la fin du monde, un médecin nommé Stephen Strange, un espion appelé Nicholas Fury et des « witchbreed » pourchassés tentent de comprendre ce qui dérègle l’histoire. Le plaisir de lecture tient à ce décalage très simple : reconnaître les figures de Marvel dans un décor de cape, de religion et de poudre noire.
La mini-série est écrite par Neil Gaiman, le créateur de Sandman, et dessinée par Andy Kubert, avec les couleurs peintes de Richard Isanove. Elle paraît chez Marvel en 2003 sous la forme d’une série limitée en 8 épisodes. En France, Panini la publie d’abord en trois volumes dans la collection 100% Marvel, puis en intégrale et en édition Marvel Deluxe. Les suites existent aussi : 1602: New World en 2005, puis 1602: Fantastick Four en 2006, où l’on retrouve notamment Khoi Pham parmi les dessinateurs.
Avec le recul, 1602 reste un drôle d’objet dans le catalogue Marvel : ni simple exercice de style, ni grand crossover à rallonge, mais un récit complet qui se tient seul. C’est aussi la porte d’entrée la plus nette dans cet univers, les prolongements n’ayant pas la même réputation que la série d’origine. Pour une collection, le bon repère reste donc clair : commencer par la mini-série de Gaiman et Kubert, puis seulement aller vers New World et Fantastick Four si l’idée d’un Marvel uchronique en version XVIIe siècle a vraiment pris.