Avec son costume impeccable et sa mallette, l’agent Graves surgit dans la vie de parfaits inconnus pour leur offrir une arme, cent balles intraçables et le nom de la personne qui a brisé leur existence. À partir de là, 100 Bullets avance comme un piège : d’abord des vengeances sèches, presque autonomes, puis un vaste complot criminel qui relie peu à peu tous les fils. Le ton est noir, urbain, tendu, avec cette impression que chaque faveur se paie plus tard.
La série est écrite par l’Américain Brian Azzarello et dessinée par l’Argentin Eduardo Risso, un tandem déjà formé sur Jonny Double avant de trouver ici son œuvre la plus connue. 100 Bullets démarre en 1999 chez Vertigo, le label adulte de DC, et se déploie jusqu’en 2009 sur 100 épisodes, format rare pour un polar aussi dense. En France, la publication a d’abord connu un parcours heurté avant d’être reprise plus solidement par Urban Comics, qui en a fait l’un des piliers de son catalogue Vertigo.
Avec le recul, la série fait partie des grands titres noirs des comics américains des années 2000 : elle a remporté plusieurs Eisner et Harvey Awards, et le nom de Risso reste indissociable de ses cadrages tranchants et de ses ombres massives. Pour la collection, le point d’entrée le plus simple reste l’édition 100 Bullets intégrale d’Urban Comics, en volumes grand format ; les albums plus anciens se trouvent encore, mais l’intégrale offre aujourd’hui la lecture la plus nette et la plus homogène.